13 juin 2020

Coronavirus: lettre aux aînés

Le calme est revenu dans «notre» chambre, enfin, celle qu’on nous a prêtée en attendant de pouvoir redormir dans la vraie nôtre, à Reverolle. Il y a ici une carte du monde sur le mur, l’Inde est comme une dent de requin, toute jaune, et la Suisse est vraiment minuscule… mais chut, c’est dodo.

Fini donc, le 15 avril. Et vous n’étiez pas là. Alors je vais vous raconter, en chuchotant, pour ne pas me faire gronder.

J’ai eu un gâteau d’anniversaire en forme de poisson, avec une grosse bougie en forme de «3», un masque de lion, des flûtes à l’apéro, du saucisson dans le papet (j’aime l’Inde mais j’aime aussi bien la viande), de la peinture qui part quand on en met sur les habits et surtout une magnifique draisienne rouge.

Je me souviens – les photos, ça aide – je revois ma grande sœur Eve qui soufflait ses quatre bougies à Badami, en Inde. C’était il y a quelques semaines. Papa et maman n’avaient pas trouvé de magasins de jouets (pas un seul jouet dans toute la ville, vous imaginez?). On avait fait sans et c’était très bien. C’était l’époque où on nous disait qu’on serait dans vos bras dans trois mois… et puis il y a eu le virus.

Les hôtels qui nous refusaient, à cause du virus, les passagers qui nous fuyaient dans le train, à cause du virus, toutes les choses qu’il ne fallait plus toucher, à cause du virus. Surtout l’avion qu’il a fallu prendre au plus vite, la veille d’un couvre-feu qui devait durer un jour et qui va encore durer au moins jusqu’en mai.

On a de la chance, on est en Suisse, personne n’est malade autour de nous, on nous a prêté un bel appartement avec un grand jardin, on a des flûtes, du saucisson, une draisienne… mais je n’ai toujours pas pu sauter dans vos bras. 

Je vous ai vus, il a quelques jours, près de la forêt, mais de loin, à cause du virus, et puis cet après-midi, sur l’écran du téléphone de papa: vous me chantiez «joyeux anniversaire», c’était rigolo, mais je sais bien que vous n’aimez pas trop ça, les téléphones avec l’image. Moi non plus.
Moi, je veux m’asseoir sur tes genoux, grand-papa Walti, et que tu me chantes «en bateau, Mamie», même si tu as encore un peu mal à l’épaule, je veux, grand-maman Anne-Lise, que tu me racontes l’histoire de Franklin qui a peur de faire du vélo, j’aimerais regarder les animaux de la savane à la télévision, couchée sur ton ventre, grand-papa, et puis m’endormir avec ta main sur le front, grand-maman.

Bientôt, tout cela sera de nouveau possible, me répètent papa et maman… Je peux attendre, je suis une grande, j’ai trois ans (je sais faire le chiffre avec les doigts), mais c’est long.

Dans la nuit, je pense à vous, et puis aussi à ma petite copine de Badami, celle avec laquelle je jouais autour du temple de Shiva, près du lac. Comment elle va? Papa m’a dit que toutes les rues étaient vides maintenant. Il ne doit donc rester que les cochons, les singes, les vaches, les chiens, les poules, les rats, les chevaux, les… j’aimerai donner un jouet à ma copine de Badami.

Prenez soin de vous, grand-maman et grand-papa, je vous fais un grand sourire-grimace, comme sur les photos qu’on vous envoyait durant le voyage, je vous aime, et ma sœur Eve aussi, même si elle dort déjà tout contre moi…

Votre Alice

Publié dans La Côte le 17 avril 2020

22 avril 2020

Memento mori

Au numéro 20 du Clos-du-Moulin, tu entres sans frapper et jettes machinalement un regard  sur une petite table qui fait office d’autel - née au ciel le 2 décembre -  marques un temps d’arrêt devant le Livre d’Or, devant un prénom, un nom, une heure, une date, devant une bougie allumée.

Tu salues les cuisiniers et te diriges vers le salon où une table a été apprêtée pour le petit-déjeuner. Nappe orange, confitures maison, quatuor à cordes de Debussy. Le directeur de l’établissement – tout le monde l’appelle Paul - tartine une tranche de pain au seigle pour les deux patients assis en face de lui. Ils sont les seuls à pouvoir encore faire le voyage de leur chambre à coucher à la salle à manger. Devant chacun d’eux, quelques comprimés multicolores et un godet rempli d’un liquide mordoré. Tu sers des mains, fais des bises, vas te tirer un café, prends place et écoutes Pauline, l’administratrice, faire le récit d’une randonnée à ski dans le Val Ferret.

Quand il est l’heure, tu descends au sous-sol troquer ta tenue de ville contre un habillement de circonstance : chaussures de sport blanche, pantalons propres, T-shirt avec un soleil pour logo et le slogan J'aime la vie, je travaille à Rive-Neuve. Tu épingles un badge qui porte ton prénom, presses sur le flacon de désinfectant liquide et rejoins tes collègues pour le meeting.

L’équipe de nuit passe en revue l’état des troupes : celle qui a des insomnies, celui qui a des douleurs thoraciques de 8 sur 10, celui qui a longuement hésité avant d’appuyer sur sa sonnette, vers 3h30, pour demander un verre d’eau (la nuit est longue lorsque la mort est proche et que l’on est seul dans l’obscurité). Une perte de poids inquiétante. Des couches S, parce que les M étaient devenues trop grandes. Un débat sur la consistance des selles de Madame Blumenthal. De la codéine pour un tel. Des nausées pour un autre. Une PEG à remplacer. Des fleurs de Bach à prescrire. De la confusion, peut-être due aux opioïdes. Deux comprimés de 600mg d’aspirine, un de 500 mg de paracétamol.

Et la morphine qui ne fait plus effet chez le monsieur de la chambre 110. L’infirmière l’a retrouvé en position fœtale dans des draps défaits. Il faut faire venir la famille au plus vite. D’autant plus qu’Empereur, le chat de la maison, a choisi de passer la nuit dernière sur son duvet. Un signe qui ne trompe pas...

La tournée des soins débute, chambre 240. Madame Hofstetter, bonjour ! Tu tires un rideau et entrouvres la fenêtre pour laisser entrer l’odeur du jour. Elle somnole. Il fait beau aujourd’hui, vous savez… Madame Hofstetter est grabataire depuis un mois. Vous avez bien mangé ? Le plateau de son petit-déjeuner est intact. Vous avez des visites prévues ? On n’a jamais vu personne chez Madame Hofstetter… Elle semble pardonner tes maladresses. Souhaitez-vous être rafraichie ? Elle ne secoue pas la tête. Tu laisses couler le robinet d’eau chaude un moment. Tu vas chercher deux serviettes, un gant de toilette et une alaise neuve. Tu soulèves délicatement la tête de Madame Hofstetter, retires l’oreiller, le retournes et y reposes sa tête. Tu as déplacé une peluche qui doit avoir beaucoup d’importance pour elle car elle ne l’a pas quittée des yeux. Tu laves son visage. Tu le sèches. Elle est allongée sur un matelas d’eau, sa peau est irritée. Tu lui proposes un massage et elle ne dit pas non. Tu commences par les talons, à l’Excipial, puis les mollets. Madame Hofstetter semble oublier peu à peu sa mauvaise nuit, ses maux de tête, ses muscles atrophiés, ses aigreurs d’estomac, son risque d’escarres, l’image que lui renvoie son miroir. Tu proposes de lui frictionner aussi le dos. Tu l’aides à se tourner sur le côté, profites de remplacer l’alaise et masses lentement ses hanches, sa nuque et ses épaules avec de l’huile essentielle de lavande que tu as trouvé sur la table de nuit. Elle ne dit toujours rien mais son corps se détend, se réveille, revit peu à peu, malgré la pudeur, malgré la tumeur. Tu lui demandes si un peu d’exercice lui ferait du bien. Elle sourit. Tu plies lentement sa jambe gauche, en maintenant le genou, puis la droite. Tu répètes plusieurs fois la manœuvre. Elle fait son possible pour accompagner le mouvement. La journée peut commencer. Tu lui tends sa perruque, sa trousse de maquillage et soutiens le miroir à bonne hauteur. Tu lui mets son collier de perles et ses deux bracelets. Tu lui sers un verre d’eau gazeuse et noues sa sonnette sur le montant du lit, à proximité de sa main droite. Merci beaucoup. Ce sont ses deux premiers mots. À toute à l’heure, Madame Hofstetter !

Une infirmière sort de la chambre 110. Il a la respiration sifflante, le nez pincé, la peau marbrée, les mains froides. Elle n’a fait qu’humidifier un peu sa bouche. Sa femme est à ses côtés, elle lui tient la main en silence…

Et poursuivre ta tournée, chambre 120, chez Jean-Paul, le genre taiseux, un peu bossu, un peu bourru, la couperose sur le nez. Il a encore toute sa tête mais ses membres ne le portent plus. Ton corps remplace le sien. Le long des quinze petits pas qui le séparent de sa douche, vous faites trois pauses pour qu’il reprenne son souffle. Son cancer des poumons ne l’empêche pas de dissimuler dans son armoire personnelle, juste en-dessus de sa bouteille d’oxygène, trois cartouches de Gauloise bleue… Après la douche, le peignoir bordeaux et les charentaises à carreaux, après le rasoir électrique et la brosse à dents, après la chaise percée, la chaise roulante, le couloir, le salon, la terrasse, enfin, la première cigarette. La journée peut commencer. Pour l’occasion, tu t’improvises aussi fumeur et parles de la pluie et du beau temps, jamais de sa maladie, de sa solitude, de ses souffrances de corps et d’esprit.

Besoin de pleurer, besoin de parler, besoin d’être écoutée. Attablée au salon, la famille de la chambre 110 s’entretient avec une infirmière. Les deux fils sont arrivés juste à temps pour être là quand il est parti.

Né au ciel le 4 décembre.

Chambre 110, dernière toilette, la famille n’a pas souhaité y participer. Fermer les yeux du défunt. Ôter sa perfusion et sa sonde vésicale. Laver son corps avec de l’eau et du savon. Le visage, le torse, le dos, les bras, les jambes. Lui raser le visage. L’habiller avec les vêtements qu’il avait lui-même choisis. Le chausser. Faire venir le comptable Alex et les deux cuisiniers, Bruno et Olivier, pour le descendre en brancard jusqu’à la chapelle qui est au sous-sol. Faire en sorte que ni la famille, ni les autres patients, ne surprennent ce cortège maladroit. Dans les escaliers, comprendre l’expression poids mort. Positionner le défunt sur la table funéraire. Appliquer de part et d’autre de son corps deux blocs de glace. Lui maintenir la bouche fermée à l’aide d’un support en plastique. Le coiffer selon ses habitudes. Placer une rose rouge entre ses mains jointes sur le ventre.

Tu déposes ta main sur la sienne et fais silence.

Dans trois heures, tu auras fini le meeting de l’après-midi, tu fileras au sous-sol (le vestiaire et la chapelle sont deux pièces contiguës), appuieras sur le flacon de désinfectant liquide, te doucheras - J'aime la vie, je travaille à Rive-Neuve - remettras une tenue de ville, remonteras les escaliers deux par deux, jetteras un coup d’œil sur la petite table qui sert d’autel, remarqueras la deuxième bougie allumée, t’en iras,  direction la gare, direction ta ville, direction un bar, direction la vie, tu as rancard, parler, rire, boire, se frôler, s’effleurer, les yeux pétillants, boire, rire, parler, se prendre la main, comme un frisson, rire, boire, rire, se bécoter, s’embrasser, demander l’addition, presser le pas, main dans la main, bras dessus bras dessous pousser la porte s’enlacer se dénuder se caresser se  sentir se serrer se respirer se manger s’étreindre se dévorer se rejoindre

malgré la chambre 110 malgré la rose rouge malgré la main froide

comme ces Anciens qui déposaient un crâne près de leur écritoire pour ne pas oublier - memento mori - qu’il faut en profiter

 

Publié dans la revue "La Cinquième saison", n°3, 2018

23 décembre 2019

«Lors de la prochaine Fête des Vignerons, je serai figurant»

Cela s’écrit sur un continent où personne ne me demande si j’ai souffert du «FeVi-blues», si je ne suis pas trop déçu qu’on n’ait pas entendu nos paroles, où il n’est jamais question de prix des places, de taux de remplissage, où je ne risque pas de reconnaître le logo de la Fête sur un opercule de crème à café, un continent sans opercules.

Quelques jours après la Fête, je m’envolais avec ma petite famille pour le Japon, puis le Cambodge, le Laos et maintenant la Birmanie: voilà donc cent quatre jours que je n’ai plus bu une goutte de chasselas vaudois (ceux qui ont connu les préparatifs de la fête apprécieront).

Cela s’écrit à Nyaungshwe, sur la terrasse du très... œnotouristique domaine de Red Mountain, une cinquantaine d’hectares de vignes plantées en terrasses au bord d’un lac (un dépaysement fou). On me sert un assemblage, deux tiers syrah, un tiers tempranillo, vraiment étonnant, et là, au milieu de ceps taillés en Guyot double portant de belles grappes en pleine floraison (les vendanges sont prévues pour le mois de mars), je dois l’avouer, j’ai dans la tête… un air du compositeur Jérôme Berney: «On s’incli-i-ine devant la vi-i-igne.»

Les mélodies résistent aux heures de vol, à l’absence, au silence. Il suffit d’une image, d’un visage, d’un gong japonais, d’une danseuse cambodgienne, d’un théâtre laotien ou d’une carriole birmane tractée par un buffle: c’est de nouveau carnaval dans ma tête, carnaval dans les rues, la musique se met en marche, des centaines de milliers de visages ouverts ébranlent la quiétude d’une petite ville suisse.

Aujourd’hui, la place du Marché est redevenue un parking onéreux avec vue sur le Grammont, «tapez le numéro de la place et validez». Que me reste-t-il de cette Fête, demande alors un journaliste de «L’illustré».


Le voyage aidant, j’aurais tendance à rectifier sa question: à quoi ressemblera cette planète lors de la prochaine Fête? L’extrême pauvreté et notre richesse obscène, la disparition des patrimoines culturels et le pillage des ressources... et puis, si on sait que la santé financière de la Confrérie aurait pu mettre en péril la prochaine Fête, on comprend ici que le réchauffement climatique pourrait de manière plus radicale faire oublier la suivante...

Que me reste-t-il de la Fête? Je crois que ce n’est pas le spectacle. Durant les représentations, j’ai passé mon temps à regarder les spectateurs, à bavarder avec des placeurs déguisés en étourneaux, à expliquer les tableaux à ma famille, mes amis, surtout à me promener dans les entrailles de l’arène, à surprendre des figurants autour d’une fondue, en admiration devant des vaches ou concentrés afin de ne pas trop tituber en revenant sur scène pour le dernier tableau.

Lorsque, de retour en Suisse, je découvrirai le livre souvenir, le double CD ou le triple DVD, c’est autre chose que le plancher LED qui me reviendra à l’esprit, à la fois plus subtil et plus complexe: une rumeur, une densité, une légèreté, quelque chose à voir avec l’amour et la joie (François Debluë avait raison), un chant d’optimisme qui s’élève malgré les pénibles stridulations des fifres, un chant spontané et collectif, un chant de rue qui rassemble, qui devient danses sous les voûtes de pierre des caveaux, chacun redécouvrant son corps, sa jeunesse, sa force, sa liberté.

La Fête, c’est peut-être cela, mais aussi plus simplement le goût du saucisson en croûte servi sur un lit de lentilles sous la grande tente du Terroir vaudois, ou celui d’un Vin de la Fête de 1999 conservé par un expert de la Confrérie et partagé entre amis. C’est toute une ruelle qui danse la salsa alors que, à deux pas, des armaillis picolent avec des musiciens professionnels portant encore leurs grandes ailes dans le dos. Un journaliste de la BBC s’extrait péniblement des Caveaux de la Noce en les trouvant «so East-Berlin». De vieux amis refont le monde dans le carnotzet du troisième sous-sol du Caveau de la Saint-Martin. Une demi-meule géante défile sur le quai Perdonnet lors de la Journée cantonale valaisanne. Sept conseillers d’Etat boivent une bière au coin d’une rue et semblent apprécier cela. Le sous-sol de la librairie La Fontaine propose une conférence intitulée «Incorporer le monde, penser la révolution, aimer le chasselas».

C’est tout cela. Et puis aussi Jérôme Berney qui frappe inlassablement sur sa caissette à vendange pour accompagner des chœurs, Valentin Villard qui tombe éperdument amoureux, ou Stéphane Blok, dans son t-shirt soixante-huitard à motif batik, qui se fait épingler sur le torse la médaille d’honneur des Cent-Suisses...

En fait, c’est surtout le potentiel d’une ville, toute l’énergie que renferme le quotidien. Que c’est rassurant de comprendre que c’est là, en tout temps, cette envie de faire la fête, de chanter, de danser, de rencontrer, d’enlacer, de partager, de tutoyer, même chez ces «Pâtés froids» de Veveysans! Sous l’asphalte enneigé d’un grand parking, la braise est intacte. Il suffirait de souffler dessus, fort, et à plusieurs.

Vu d’ici, cela paraît si naturel. Les rues birmanes sont pleines, animées, colorées, elles prennent le temps de se confier, de contempler, de rire et de faire la fête, avec les moyens du bord: on active de petits carrousels et de grandes roues à bras d’hommes.

En Birmanie, j’aurais tendance à calculer le nombre d’enfants que l’on pourrait scolariser ou soigner avec cent et quelques millions de budget...

Cette réflexion est stérile. En Suisse, le vivre ensemble est une denrée de première nécessité, une espèce en voie d’extinction, c’est le véritable patrimoine immatériel de la Fête des vignerons, cette grande fabrique de liens sociaux. Et cela n’a pas de prix

Lors de la dernière représentation, le 11 août, je ne suis pas allé à Vevey (je ne suis pas bon pour les adieux sur les quais de gare). Le lendemain, par contre, nous étions conviés, avec Stéphane, Jérôme et Valentin, à Rivaz, dans le caveau de Pierre Monachon, le vice-président de la Confrérie, pour partager une fondue et refaire le monde avec François Margot, l’abbé, et François Murisier, le président du conseil artistique… Envie ici de leur dire merci, merci d’avoir été assez fêlés pour se lancer dans pareille aventure, d’avoir tant donné, tant travaillé, bénévolement.

Merci à eux trois, et à tous les autres organisateurs, les fameux «commissaires», merci à tous les figurants, de 3 à 94 ans, chanteurs, musiciens, danseurs, gymnastes, techniciens, placeurs, armaillis ou tâcherons (ayez une pensée pour le Roi de la Fête qui retournera bientôt dans sa vigne pour tailler, sans couronne ni amateurs de selfies). Un merci particulier aux «femmes de la Fête», Sabine Carruzzo surtout, mais aussi Giovanna Buzzi, Caroline Meier et Céline Grandjean, Estelle Bersier, Marie-Jo Valente, Isabelle Raboud et Janine Huber, Corinne Buttet bien sûr, les deux petites Julie, toutes celles que je ne peux citer ici et puis évidemment… celle qui est là, à côté de moi, et que j’ai saoulée pendant quatre ans en lui parlant de cette Fête.

Grâce à vous toutes et tous, j’ai pu vivre ma première Fête. J’ai aussi pu comprendre combien les 6000 figurants sont l’esprit de cette célébration, les jambes et les bras, le fruit, la chair, le cœur et le foie. Lors de la prochaine – qui sera peut-être, et je l’espère, «décroissante» –, promis: je serai figurant.

Publié dans L'Illustré du 23 décembre 2019.

27 juin 2019

Une petite fête avant la grande

Dans ma boîte aux lettres ce matin, un tout petit livre en forme de brochure, une pépite… en marge des 6'000 figurants, 400'000 spectateurs et 100 millions de budget de la Fête des Vignerons.

Mes quatre Fêtes racontées à mes petits-enfants, un ouvrage artisanal de douze pages A4 agrafée en leur milieu, un récit illustré, intime, touchant, à taille humaine.

Il y a un mois, j’avais reçu le courriel matinal d’une Veveysanne. Elle me racontait sa nuit d’insomnie après avoir lu mon livre-jeunesse Jour de Fête. Elle était très déçue qu'aucun de ses quatre petits-enfants, âgés de 15 à 20 ans, ne participe à l’événement, prétextant que les répétitions étaient incompatibles avec leurs études : « Par contre, pour faire la teuf, comme vous dites dans le livre… ».

Au milieu de la nuit, elle avait décidé d’écrire son propre livre, de raconter « ses » quatre Fêtes. À 5h30 le lendemain matin, le premier chapitre était né.

Ce matin, grâce à Maryse de Micheli, je revis la Fête de 1955. Elle avait 11 ans, jouait une Page de la vigne, portait un costume avec une cagoule verte pour le printemps, brune pour l’automne. Elle recevait chaque jour un sandwich et un bon boisson. Son père avait été engagé au dernier moment comme Bohémien, étant le seul à pouvoir maîtriser un cheval trop caractériel ; il avait fallu lui coudre un costume la veille de la première. Sur une photo noir-blanc, on la voit posant fièrement dans son costume.

En 1977, elle était jeune mariée, jeune maman, jeune enseignante. À sa grande déception, elle ne fut pas retenue comme figurante. Mais un jour, un prof de dessin débarque dans sa classe pour lui demander une boîte de craie : c’est Jean Monod, le scénographe de la Fête. Il lui parle d’un couple qui vient de se désister. Les voilà engagés, elle et son mari, comme danseurs dans la troupe des Vignerons de l’été… alors que son Francis ne savait pas faire une valse !

En 1999, Maryse est figurante dans la foire de la Saint-Martin. Il lui faut vingt minutes pour entrer dans son costume : trois jupons, un corset, une blouse, un gilet, un fichu et un manteau.

Dans ce petit livre, elle raconte aussi comment, le 18 novembre 2013, elle devient enfin Consoeur de la Confrérie des Vignerons. Il y une photo de son certificat et ces mots d’un autre temps : « Grand-papa Charly était plutôt contre ; pour lui, cela devait rester une affaire d’hommes. Il n’imaginait pas Didine, pourtant la femme de sa vie qu’il adorait, l’accompagner à la Confrérie ».

Le dernier chapitre évoque les préparatifs de ce printemps 2019... Vous pourrez en effet l’applaudir le mois prochain dans l’arène, durant le tableau de la Saint-Martin !

Sur la dernière page, on la voit sur le canapé de son salon, entourée de ses quatre petits-enfants :

Voilà ce que j’ai voulu vous faire partager : ma joie d’avoir pu participer à une quatrième Fête. Comme nous saurons à quel spectacle vous assisterez, sachez que c’est pour vous que vos grands-parents vont se donner à 100% ! Je vous aime.

Enfin, dans les remerciements, ses parents :

Pour avoir rempli mon bulletin d’inscription en 55. Baby-sitters en 77 et cuisinier en 99. Ils seront dans mon cœur en 2019.

26 avril 2019

Votre mur de fraises marocaines

Ne vous a-t-on pas appris à soigner la première impression ? Aux portes de votre grande surface, ce rempart de caissettes pleines de fraises fluorescentes en provenance du Maroc est une invitation à râler, rager et faire demi-tour.

Vous aviez déjà fait fort fin février, avec vos fraises espagnoles. Le délire a franchi une nouvelle étape. Vivons-nous dans le même siècle ? N’entendez-vous pas les jurons de votre clientèle ? Non, c’est faux, vous ne répondez pas à une demande. Si vous arrêtiez de proposer ces fruits cultivés à 2'000 kilomètres de là, personne ne vous les demanderait ! Vous créez ce besoin.

Arrêtez-vous un instant au pied de votre mur, tendez l’oreille et vous entendrez le moteur fatigué des semi-remorques qui remontent l’Europe à 90km/h sur la voie de droite pendant une trentaine d’heures.

Avec une bonne ouïe, vous entendriez même les plaintes des cueilleuses, exclusivement des adolescentes, payées six euros par jour, ou des cueilleurs, des migrants sub-sahariens qui vivent n’importe comment pour vous proposer ce n’importe quoi de mauvais goût.

Et parlons-en, du goût ! Ou plutôt de cette absence de goût flanquée de pesticides, évidemment, mais aussi de chlore, solution dans laquelle on trempe chaque fraise, après l’avoir équeutée et avant de la réfrigérer en prévision d’un trop long voyage.

Depuis quelques temps, je fais mon possible pour vous éviter : je cultive mes propres légumes et achète des fruits auprès de petits producteurs de la région. Hélas, mon mode de vie m’oblige encore à vous fréquenter et… je ne suis de loin pas votre seul client à être fou de rage au pied de ce mur de fraises du Maroc !

S’il vous plaît, grand stratège des géants vert ou orange, vos consommateurs sont plus que mûrs (contrairement à vos fraises) pour un nouveau mode de consommation - manger local, autant que possible, et surtout de saison. C’est à vous qu’il revient de rendre cela possible. Ce sera bénéfique pour votre image, pour l’agriculture suisse mais aussi pour votre porte-monnaie ! Quel magnifique coup de pub !

En vain. Au moment où paraîtront ces lignes, le mur marocain sera remplacé par un nouveau mur,  espagnol. Des fraises cueillies par des femmes, marocaines. Des mères qui abandonnent leurs enfants, s’endettent pour un visa, un billet de bus, s’échinent six jours sur sept dans des serres surchauffées, rémunérées au rendement (75 centimes d'euro la cagette de 5 kilos), passent la nuit dans des cabanons de bois installés près des serres, en dormant que d’un œil et d’une oreille, de peur des agressions sexuelles…

Patience, il semblerait que les fraises suisses arrivent, lorsque ce sera la saison, dès le mois de mai.

26 mars 2019

Pot-de-vin et eau-de-vie

À Morges, Apéro World vient de fermer ses portes. Divinum ouvre les siennes mercredi. On en oublierait presque que le 22 mars était la Journée mondiale… de l’eau.

De l’or bleue qui mérite bien ces quelques lignes. Ne serait-ce que pour se souvenir. Qu’elle constitue 65% de notre corps. Couvre 71% de la surface de la Terre. Que l’on n’en trouve à l’état liquide – à notre connaissance - nulle part ailleurs qu’ici. Et qu’elle est donc, à l’échelle cosmique,  bien plus rare que l’or, le diamant ou le coltan.

Se rappeler que l’eau du Lac a été vapeurs de nuage, averses de plaine, rivières, fleuve, neige de montagne ou glacier alpin, et donc qu’il s’y trouve de l’eau tombée du ciel il y a des centaines de milliers d’années.

Qu’il y a 25'000 ans, l’emplacement de Divinum était couvert d’une couche de glace d’un kilomètre de haut.

Que la même eau sur laquelle on a skié tout l’hiver glissera bientôt jusqu’à la plage de Préverenges, puis vers celles de la mer Méditerranée.

Que si la pluie qui tombe sur Eclépens rejoindra les mers du Sud, celle qui a la malchance de pleuvoir dans le village voisin, à Orny, finira ses jours dans la Mer du Nord.

Bref, se souvenir de choses toute bêtes.

Que l’eau en bouteille coûte 1'000 fois plus cher que l’eau du robinet, qui est souvent chez nous de meilleure qualité. Qu’il faut deux kilos de pétrole brut pour fabriquer un kilo de PET, un litre d’essence pour faire avancer un camion sur trois kilomètres. Qu’en somme, on lave nos voitures avec de l’eau potable, on fait nos besoins dans de l’eau potable, on remplit nos piscines avec de l’eau potable. La seule chose qu’on ne fait pas, c’est la boire.

Se souvenir qu’aujourd’hui encore, malgré toutes nos technologies, il suffit de passer trois jours sans eau, et nous mourrons de soif.

Et que même si l’accès à l’eau potable est un « droit humain » depuis 2010, 800 millions de Terriens n’ont toujours pas accès à cette eau, 3 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau et 700 enfants meurent chaque jour du manque d’hygiène… alors même que 10% des dépenses militaires mondiales - 100 milliards de dollars par an - suffiraient à apporter de l’eau potable aux sept milliards de Terriens.

Se dire que l’eau n’est pas un bien, que c’est un lien. Qu’on est tous liés par la peur des sécheresses, des tempêtes et des inondations. Qu’on est tous dans la même barque.

Qu’en 2019, on est capables de tant de choses - détourner des fleuves, dessaler des mers, et même, grâce à notre Prix Nobel, vitrifier l’eau – mais on ne sait toujours pas partager ces savoir-faire pour répartir entre nous l’eau douce de cette planète.

Alors, à l’heure de déguster vos crus préférés sous la tente de Divinum, souvenez-vous que le vin - même lui ! - est constitué de 85% d’eau, et levez votre verre au vin qui enivre, mais surtout à l’eau qui fait vivre !

02 février 2019

Les analphabètes du temps

Ou comment la lecture en diagonale, Facebook, Instagram, Tweeter et la multinationale Vale font de nous des irresponsables du présent...

Sur les écrans des liseuses, des tablettes et des téléphones, la lecture en diagonale est devenue la norme. Cette pratique anodine déteint en réalité sur nos mécanismes cognitifs, nos circuits neuronaux. Des liaisons apparues dans le cerveau humain il y a 6'000 ans - lors de l’invention de l’écriture - sont en phase de s’éteindre. On sabote lentement des processus intellectuel et affectifs, tels que l’assimilation des connaissances, le raisonnement par analogie, la possibilité de se mettre à la place d’autrui.

Pendant ce temps, jour et nuit, les réseaux sociaux crachent leur fil d’actualité, un torrent ininterrompu de posts Facebook et Instagram. Il se passe toujours quelque chose quelque part. Nombreux sont ainsi ceux qui souffrent du syndrome FoMO (fear of missing out), cette peur de laisser échapper un événement important, un sentiment de manque, une dépendance ; une génération de junkies numériques engloutis sous un flot de présent virtuel.

En politique aussi, les dirigeants ont compris la force de l’instantané. Ceux qui sont élus sont ceux qui travaillent dans le court terme, ceux qui sont réactifs, ceux qui se sont affranchis de la profondeur de l’histoire et de la complexité des programme d’avenir, ceux qui tweetent en direct leurs états d’âme, ceux qui exploitent les peurs simplistes du présent…

Pour s’émanciper de la tyrannie de l’immédiat et retrouver un sens des proportions temporelles - une « conscience du temps » (timefulness) - la chercheuse américaine Marcia Bjornerud recommande l’étude… de la géologie.

Quand est née notre planète (il y a 4,5 milliards d’années) ? Quand le soleil cessera-t-il de briller (dans 5,5 milliards d’années) ? Quand sont nées les alpes savoyardes que nous voyons tous les jours (il y a 30 millions d’années) ? Quelle planète souhaitons-nous transmettre à nos enfants, nos petits-enfants et leurs enfants ? Soudain, la vie prend une autre dimension…

Hélas, un peu partout et surtout dans les grandes entreprises, ceux qui recherchent le profit immédiat, sans se préoccuper des équilibres sociaux et écologiques, reçoivent les plus hauts salaires, et de substantiels bonus. Pensez par exemple à l’un de nos « fleurons » du district, la multinationale Vale, qui a son siège international à Saint-Prex, et dont la pensée à court terme a provoqué l’effondrement d’un deuxième barrage au Brésil (après celui de 2015, qui avait engendré l’une des pires catastrophes écologiques de l’histoire du pays), faisant cette fois une centaine de morts noyés sous une marée de boue contaminée.

30 octobre 2018

Un inventaire à la Sauter

À chaque village, ses trésors : celui de Reverolle abrite « La Briande », une maison-musée où vit Colette Sauter.

« Deux objets, c’est une paire ; trois, c’est le début d’une collection », aimait dire Pierre, feu son mari. « Il collectionnait tout… sauf les bonnes femmes ! », ajoute-elle, les yeux débordant de malice.

Il faut le voir pour le croire.

Dans les combles, quatre ancres en fer forgé, dix-huit falots, une rame de cinq mètres, trois écopes en bois, un sextant, six mètres de littérature marine, un rapporteur d’angle, une barre à roue, une bouée décorative, trois flotteurs de pêche en verre, quatre pipes sculptées, un sifflet d’officier, un pistolet à percussion, un barographe, une cloche de bord, six longues-vues XIXe, huit poulies en bois et une montrant un galion cerclé de trois animaux mythiques.

Il faut imaginer côte-à-côte des collections de ciseaux, de briquets à essence, de réveils, de microscopes, de verres à gnole, de serpes, de balances, d’arrosoirs à huile, d’étiquettes de vin, de roses des sables, d’équerres en bois, de crousilles, de pots vaudois, de spatules, de pots de moutarde, de channes en étain, de grelots, de moulins à café, de râpes à fromage, de passoires, de fers à repasser, de samovars, de sucriers, de lampes magiques…

Comment diable décrire ce… monument ?

…une tuile du Château d’Aigle avec la mention « pour avoir contribué à redonner vie à la Maison de la Dîme », 17 cartes postales rétro de Reverolle mises en vente pour rénover l’église, un vinyle dédicacé du Zizi de Pierre Perret, 76 insectes épinglés sous verre, un dossier « Nicolas Bouvier » dans un tiroir nommé AMIS, Le tabac-roi pour les fumeurs et les fumeuses de Gustave Blanchard et des centaines de paniers en osier !

Au premier étage, il y a son atelier avec « Adam croqueur de pommes », sa toute première planche à clous, et puis la chambre d’ami où Bernard Clavel a écrit La Lumière du lac. Au rez-de-chaussée, une cuisine (pots à saindoux en grès, paniers verseurs à vin en osier et moules à kouglof), une galerie, une boulangerie, une menuiserie, une imprimerie et une forge où Paul Morier venait fabriquer ses fameux toupins.

Parfois, Colette se demande : que fera-t-on de tout ça ?

11 septembre 2018

Fêtons les vendanges !

NUIT DES EPOUVANTAILS - MORGES Dans un district comptant 34 communes viticoles (sur 62), riche de 900 hectares de vigne (presque un quart du vignoble vaudois), comment y échapper ?

Depuis quelques semaines, on a cessé de travailler la terre, les bois, les feuilles, les grappes. On scrute le ciel. Le jour, le soir, la nuit. Avec la peur, l’espoir des fruits. On craint la grêle - elle est déjà tombée deux fois cette année - et puis les étourneaux - les filets sont posés. Pour l’instant, la vigne est saine. Pas de « mouche », comme on dit ici. Pas de pourriture. Le quota. Pas trop de kilos en trop. Largement ce qu’il faut de degrés Oechsle. On sonde encore la maturité de la pulpe, des pépins, de la rafle, des arômes. Et on scrute le ciel.

Il y a la visite des vignes. Il y a les journaux qui annoncent, comme chaque année, un millésime extraordinaire. Il y a le plan des vendanges. Ce sont les mois de l’attente, de l’angoisse et de l’espérance.

Et puis un jour, on peut enfin être dans le faire, redevenir acteur, sortir les caissettes jaunes, graisser les sécateurs, laver la benne à vendanges, enlever les filets, réunir l’équipe, prévoir les dix-heures, le dîner, le goûter, le souper…

C’est parti ! Face à face, deux par deux, efficaces, pliés en deux. On va et vient, s’achemine. On s’incline, courbe l’échine, devant la vigne. On le fait encore parfois à la main, sans machine.

C’est une transe légère, des heures de discussion relâchée, une ivresse qui monte, une ivresse qui n’est pas encore celle du verre de blanc qui tourne.

Plus simple que ça.

Dans les mains, l’esprit de la terre. Dans l’esprit, le fruit de la terre, les grains, la chair, le cœur, l’odeur, le goût de la terre.

De terre en souches. De souches en grains. De grains en cuves. De cuves en cave. De cave en verres. Et de verres en bouche…

Les gestes du passé, des restes de sacré !

Comment faire aujourd’hui honneur au grand chambardement que sont les vendanges ? La joie des vendangeurs en fin de journée, le soulagement des vignerons en fin de vendanges, la fin de l’été et l’entrée dans l’automne…

Il n’y a plus de Fête des Vendanges à Morges depuis des lustres… alors… rendez-vous samedi 29 Septembre pour la Nuit des épouvantails !

22 juin 2018

Tous à la Coquette ce soir !

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C’est fait, Morges a désormais un lieu convivial, au bord du lac, dans le Parc de l’Indépendance, où écouter un concert en dégustant une bière artisanale de Saint-Prex ou d’Apples, un vin de Vufflens ou de Morges !

Il y a parfois des rêves qui prennent forme, comme ça, au bout de la nuit, autour d’une table, avec quelques amis.

Un premier avait racheté à bon prix un container, et ne savait trop qu’en faire. Un deuxième rêvait d’offrir à sa ville une scène pour des concerts et des spectacles gratuits. Un troisième se faisait du souci pour sa ville… tous ces chantiers… tous ces nouveaux quartiers… comment faire pour que les gens continuent de se rencontrer ? Un quatrième disait son amour pour une vieille dame qui fête cette année son 120e anniversaire, un patrimoine qu’il considérait Foule2.jpgjusqu’alors comme ringard, désuet (et qui est si beau !), le Parc de l’Indépendance. Un cinquième, regrettant que la ville tourne le dos au lac, rêvait en secret de pouvoir déplier sa serviette de bain sur un deck en contemplant le Léman, Lavaux, les Rochers-de-Naye, la Dent d’Oche, le Mont-Blanc (tout de même, quel pays !). Un sixième proposait de travailler avec les gens du coin, les vignerons, les brasseurs, les artisans, le pêcheur, le boucher, le fromager, les musiciens, les comédiens, les humoristes…

Dernière ligne droite, le gros des travaux a pris fin aujourd’hui.

Cette chronique est un carton d’invitation.

Vinecent2.jpgCe vendredi 22, la buvette éphémère La Coquette fête son ouverture, et vous êtes toutes et tous les bienvenus ! Tournée générale vers 17h avant la partie officielle, en présence du syndic et de deux Municipaux.

L1170668.jpgPuis musique balkanique avec le duo Guralumi et risotto à gogo avant la prise de parole, à 20h, de notre marraine, la très coquette Nuria Gorrite, et de notre parrain, le non moins coquetNuria2.jpg Yann5.jpgYann Lambiel !

 

 

 

 

 

 

 

Dès le lendemain, c’est parti ! Ouverture tous les jours de 11h à 23h. Samedi 23 à 17h, le librettiste de la prochaine Fête des Vignerons Stéphane Blok et son trio viendront jouer leur nouvel album. Dimanche 24 à 16h, c’est la mythique fanfare béninoise du Gangbé Brass Band qui viendra mettre le feu au lac !

À ce soir ?

www.lacoquette.ch