30 octobre 2018

Un inventaire à la Sauter

À chaque village, ses trésors : celui de Reverolle abrite « La Briande », une maison-musée où vit Colette Sauter.

« Deux objets, c’est une paire ; trois, c’est le début d’une collection », aimait dire Pierre, feu son mari. « Il collectionnait tout… sauf les bonnes femmes ! », ajoute-elle, les yeux débordant de malice.

Il faut le voir pour le croire.

Dans les combles, quatre ancres en fer forgé, dix-huit falots, une rame de cinq mètres, trois écopes en bois, un sextant, six mètres de littérature marine, un rapporteur d’angle, une barre à roue, une bouée décorative, trois flotteurs de pêche en verre, quatre pipes sculptées, un sifflet d’officier, un pistolet à percussion, un barographe, une cloche de bord, six longues-vues XIXe, huit poulies en bois et une montrant un galion cerclé de trois animaux mythiques.

Il faut imaginer côte-à-côte des collections de ciseaux, de briquets à essence, de réveils, de microscopes, de verres à gnole, de serpes, de balances, d’arrosoirs à huile, d’étiquettes de vin, de roses des sables, d’équerres en bois, de crousilles, de pots vaudois, de spatules, de pots de moutarde, de channes en étain, de grelots, de moulins à café, de râpes à fromage, de passoires, de fers à repasser, de samovars, de sucriers, de lampes magiques…

Comment diable décrire ce… monument ?

…une tuile du Château d’Aigle avec la mention « pour avoir contribué à redonner vie à la Maison de la Dîme », 17 cartes postales rétro de Reverolle mises en vente pour rénover l’église, un vinyle dédicacé du Zizi de Pierre Perret, 76 insectes épinglés sous verre, un dossier « Nicolas Bouvier » dans un tiroir nommé AMIS, Le tabac-roi pour les fumeurs et les fumeuses de Gustave Blanchard et des centaines de paniers en osier !

Au premier étage, il y a son atelier avec « Adam croqueur de pommes », sa toute première planche à clous, et puis la chambre d’ami où Bernard Clavel a écrit La Lumière du lac. Au rez-de-chaussée, une cuisine (pots à saindoux en grès, paniers verseurs à vin en osier et moules à kouglof), une galerie, une boulangerie, une menuiserie, une imprimerie et une forge où Paul Morier venait fabriquer ses fameux toupins.

Parfois, Colette se demande : que fera-t-on de tout ça ?

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