11 octobre 2014

Une « fondue-calèche » avant l’hiver

Ce dimanche d’octobre, le réchauffement climatique avait du bon. Rendez-vous à une heure buvable à Concise, « première commune vaudoise », quand on vient de Neuchâtel.

calechesjaggi-concise-3-1.jpgNous attendent deux Franches-Montagnes de 12 et 24 ans attelées à une calèche de fabrication polonaise. Le cocher l’a ramenée du Salon du Cheval de Paris. Bien sûr à cheval ! Claude Jaggi rallie aussi chaque année en calèche le Musée du Cheval de La Sarraz à la foire agricole de l’OLMA, à Saint-Gall.

Pour ce midi d’octobre, l’itinéraire est plus modeste. Deux-trois heures de « fondue-calèche », à cheval sur trois communes de la rive ouest du lac de Neuchâtel. Une idée toute simple et un franc succès depuis cinq ans.

A l’allure du pas. De part et d’autre d’une table en érable qui intègre un réchaud à fondue ; Claude est menuisier. A la sortie du village, sa femme Danièle lâche Zora, une chienne hyperactive qui s’en va en éclaireuse. Le cocher parle à ses juments, il salue les passants par leur prénom, il s’adresse surtout à ses invités. C’est un Œil de Perdrix d’André Leuenberger et un salami de cheval aux noix, tout vient de la Maison des Terroirs à Grandson ! Des anecdotes à la pelle, une montagne d’humour et une répartie à vous donner des crampes d’estomac. On passe rapidement au « tu ».

Sur le Chemin des Pêcheurs, on apprend que les terrains du bord du lac avaient été vendus jadis à un promoteur pour 80 centimes le mètre carré (la commune n’en voulait pas), puis revendu à des Zurichois et des Genevois ! Ici, c’est la cabane des pêcheurs, Alain et Philippe Auberson, les rois de la bondelle fumée ! Plus loin, sur la commune d’Onnens, les immenses hangars que vient de vendre Phillip Morris ! On traverse la double voie ferrée, l’A5 semi enterrée, il est temps d’allumer le réchaud. Le paysage défile, la spatule tourne, le fromage fond, l’ambiance prend. Claude évoque sa spécialité, la fondue aux truffes, celle qu’il servira au Marché aux Truffes, le week-end suivant, ici-même, à Bonvillars. A l’heure du coup du milieu - une bouteille de kirsch enveloppée de ficelle dans un « gratte » en osier - on traverse les vignobles fraîchement vendangés...

Mais déjà Concise, station terminus. La calèche se range en prolongement de la terrasse du Restaurant du Lac et Gare, pour le café. On pensait avoir fait le tour. C’était sans connaître la passion des Jaggi pour leur région. Quoi ? Vous ne connaissez pas le Mont-Aubert ? On vous y conduit !

Le dimanche s’achève donc à 1339 mètres d’altitude, sur un nid d’aigle qui domine le lac de Neuchâtel, à hauteur des Aiguilles de Baumes. Devant nous, les Alpes, d’une rare clarté, on distingue le Cervin. Un tableau à conserver soigneusement au fond de soi, pour mieux affronter l’hiver.

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